Bafoussam : Le gouverneur roulé par un feyman

Publié le par jeff

" L' attaché à la présidence " était un faussaire. Hugues Tchoula croupit dans une cellule de gendarmerie. Il se faisait passer pour un envoyé de la présidence de la République...


Les conclusions de l'enquête ouverte il y a plus d'un mois par la compagnie de gendarmerie de Bafoussam I, indiquent que Hugues Tchoula Djibon n'était vraiment pas en service à la présidence de la République du Cameroun. Or, si l'on s'en tient à un volumineux rapport disponible dans la même unité, ce dernier aurait extorqué plusieurs millions de francs cfa à des autorités administratives et traditionnelles de la province de l'Ouest. Il sera déféré cette semaine devant le parquet des tribunaux de Bafoussam pour répondre des faits d'escroquerie aggravée, d'usurpation de fonction et d'usage de faux documents. En 1998, Huges Tchouta, 34 ans, actuellement en détention provisoire dans une cellule de la brigade territoriale de gendarmerie de Bafoussam, a débarqué dans le chef-lieu de la province de l'Ouest. Il avait fière allure. Puisque détenteur d'un badge et d'un ordre de mission comme étant attaché à la présidence de la République.

Sa carte de visite suffit pour convaincre le gouverneur de la province Ahmadou Tidjani, de lui trouver un bureau de fonction dans ses services. Au quotidien, le présumé s'occupe surtout de la coordination des enquêtes sur les unités de commandement traditionnel. Régulièrement, le gouverneur lui a confié d'importants dossiers. Ce qui a permis à Huges Tchoula de séjourner dans de nombreux département de la province. (Ndé, Haut-Nkam), où il aurait extorqué de l'argent aux chefs traditionnels contre diverses promesses. Pour l'établissement de la cartographie, l'avancement des chefferies en degré. De même qu'il aurait promis à certains chefs traditionnels qu'ils seront membres du Sénat le moment venu. Dans cette manoeuvre, Hugues Tchoula s'en serait tiré avec pas mois de 20 millions de francs cfa. Une somme à la quelle il faudra ajouter une ardoise de près de 3 millions, correspondant à son passage à l'hôtel la Falaise à Bafang, avec un bon de prise en charge signé du secrétaire général adjoint de la présidence de la République, Inoni Ephraïm. Le gouverneur était convaincu de ce que son " collaborateur " avait reçu l'onction du palais de l'Unité.

Habituellement, Hugues Tchoula, domicilié à Yaoundé communiquait par des messages portés ou radio. Comme ça se passe généralement dans l'administration publique. Il en a envoyé aux autorités chaque fois qu'il a programmé une descente sur le terrain. Personne ne pouvait douter de la rectitude morale d'un homme élégant et intelligent. Mais, le 27 septembre, il y a comme quelque chose qui ne va pas dans le tout dernier message (fax cette fois-ci) que Huges Tchoula adresse au gouverneur de la province, lui demandant de prendre des dispositions pour son installation définitive à Baham. En dehors de nombreuses fautes, Ahmadou Tidjani est surpris de ce que la correspondance porte le nom du secrétaire général de la présidence de la République, Jean Marie, Atangana Mebara, est plutôt signé du ministre d'Etat chargé de l'administration territoriale et de la décentralisation, Marafa Hamidou Yaya, ex-SG/PR. Cette fois-ci, Huges Tchoula s'est trompé. L'erreur est tellement grossière qu'elle n'échappe pas à la vigilance du gouverneur, qui commence à se poser des questions. Ahmadou Tidjani n'hésite pas à saisir la haute hiérarchie.

En réponse, Jean Marie Atangana Mabara lui fait savoir que Huges Tchoula ne fait pas partie des effectifs de la présidence de la République. Et que c'est un personnage très dangereux.
Le 29 septembre, le gouverneur décide d'en découdre avec son “”ex-collaborateur”. A la suite d'une dénonciation, les éléments de la légion de gendarmerie de l'Ouest interpellent Hugues Tchoula et le gardent au frais. En attendant que l'enquête menée par le lieutenant Maurice Akani Dzana soit bouclée. Ce qui vient d'être fait, avec d'ailleurs une perquisition au domicile du présumé sis au quartier Carrière à Yaoundé. Bilan: plusieurs papiers en-tête de la présidence de la République, de fausses cartes portant l'estampille du défunt Toko Mangan. Pour l'instant, Huges Tchoula Djibon clame son innocence et promet de tout déballer : " Je suis surpris de ce que les gens racontent sur mon nom aujourd'hui. Il faut qu'on laisse la justice trancher. Là-bas, j'ai des choses à dire et je vais le faire ". Certainement qu'on saura bientôt, si oui ou non Huges Tchoula fait partie des bandits à col blanc qui sillonnent la République et font de nombreux victimes sur leurs chemin.


Publié dans www.jeunessebafou

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