ORIGINE DU NOM BAMILEKE

Publié le par NZAKEUH

Bataille autour de l’origine du nom Bamiléké

 

L’origine du nom donné aux populations de l’Ouest Cameroun sujette à controverse.

C’est au premier festival national des arts et de la culture tenue à Douala en 1988 que le débat serait né. Deux chercheurs indépendants avaient alors présenté deux versions de l’origine du nom. Prince Mbou soutenait que cette appellation était d’un interprète Douala de l’époque allemande, du nom d’Elame, qui désignait les populations de l’Ouest par Baboté ba leke c’est-à-dire les porteurs des masques au visage. De son côté, Justin Mouafo, ancien délégué provincial de la culture à l’Ouest, reconverti dans la recherche des origines culturelles Bamiléké soutient que cette appellation puiserait ses racines dans la langue Foto par Dschang. Selon lui, ses recherches l’ont conduit à un interprète indigène du village Foto, du nom de Yalo. Cet interprète aujourd’hui décédé lui aurait raconté comment il a reçu en mars 1916 un « minisater » (entendez administrateur). En le promenant, il s’arrêtèrent au bord d’une rivière où des hommes courbés ramassaient de l’eau de leurs pommes de mains et buvaient. Le Blanc lui demanda ce qu’ils faisaient, il répondit « menoue » qui veut dire « ils boivent ». le Blanc qui prenait des notes écrivit dans son calepin Menoua, qui a donné le nom au département. Plus loin ils rencontrèrent des gens entrain de se disputer. A la question du Blanc il répondit « tsang » qui veut dire « palabre ». le visiteur nota Dschang qui devint le nom de la ville. Ils arrivèrent ensuite au sommet de la colline qui jouxte l’Université de Dschang. De ce sommet, le Blanc regarda les cases qui s’étendaient au loin dans les bas-fonds et demanda comment on appelait ceux-là. Yalo répondit, toujours en langue Foto « pe me lekeu » littéralement « les habitants des montagnes et des ravins ». c’est Bamiléké qui fut noté, car le visiteur écrivait plutôt le son, ou la phonétique comme disent les linguistes.

10 années de débats
Au 2ème festival national des arts et de la culture qui se tint en mars 1994 toujours à Douala, le débat fût réouvert. Prince Mbou soutient cette fois que les Blancs étant arrivés au Cameroun par la côté littoral, c’est un Duala (Elame) qui leur servait d’interprète. Mouafo explique que cela ne pouvait pas être vrai, que les colons prenaient un interprère indigène là où ils arrivaient. Les débats furent renvoyés, et reprirent de plus belle au troisième festival en décembre 1996 à Ngaoundéré. Ici des universitaires soutiennent un camp comme l’autre et le débat est plus houleux, mais non tranché. Rendez-vous est pris pour le quatrème festival de décembre 1998 à Ebolowa

La solution qui vient de Bruxelles
Pour le colloque d’Ebo-lowa, Prince Mbou est retenu comme conférencier mais son adversaire est “oublie”. Justin Mouafo explique qu’il a été obligé de se déguiser pour accéder à la salle. Sûr qu’il n’avait plus personne en face, Prince Mbou expose sa théorie et s’attend à la victoire. Justin Mouafo surgit du fond de la salle et s’inscrit en faux. Il expose sa version de l’histoire, et est contre toute attente soutenu par le recteur de l’Université libre de Bruxelles, participant au colloque. Celui-ci s’appui sur le dictionnaire Larousse de 1947/48, en page 1477 qui définit Bamiléké comme étant « les populations des montagnes de l’Ouest-Cameroun ». Il démontre ensuite que les correspondances phonétiques et paradigmatiques entre Ba mi léké et pe me lekeu sont plus convaincantes (trois syllabes) qu’en Ba mi léké et ba bote ba léké. En plus, les masques étant réservés à une certaine catégorie de personnes chez les Bamiléké, l’on ne saurait désigner le tout par une partie. Raison a donc été donnée à Justin Mouafo qui n’a trouvé mieux à faire que de protéger ce nom à l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi) sous le couvert d’une association créer en janvier 1994, dénommée Associa-tion culturelle du peuple Bamiléké (Assocpba). Le numéro d’enregistrement 31012 lui a été attribué le 14 juillet 2003.
 

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