Essai d'analyse des conséquences surnaturelles

Publié le par jeff

 Changement d'héritier chez les Bamiléké : Essai d'analyse des conséquences surnaturelles
Tout d’abord, il est important de comprendre que le problème de succession chez les Bamiléké est lié à la spiritualité et à la divinité. Plus précisément, le port du « Ndop » sur le successeur, qui est un acte physique, constitue en fait une sorte de pacte qui lie le nouveau successeur à ses ancêtres dans l’optique de la continuité de la ligné familiale. C’est la raison pour laquelle l’héritier doit porter désormais...

 

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Essai d'analyse des conséquences surnaturelles

 

Tout d’abord, il est important de comprendre que le problème de succession chez les Bamiléké est lié à la spiritualité et à la divinité.

Plus précisément, le port du « Ndop » sur le successeur, qui est un acte physique, constitue en fait une sorte de pacte qui lie le nouveau successeur à ses ancêtres dans l’optique de la continuité de la ligné familiale. C’est la raison pour laquelle l’héritier doit porter désormais le nom de son père, le quel père a lui aussi hérité ce nom de son père, etc… jusqu’au fondateur de la ligné (l’ancêtre, la racine).

Ceci peut être perçu, sur le plan cosmogénique, comme une sorte de réincarnation, ou plus exactement un symbole d’immortalité. C’est l’une des raisons pour la quelle on dit chez les Bamiléké que « les morts ne sont pas morts…. » Ils sont vivants au travers de leur successeurs, qui doivent agir en leur lieu et place, comme si s’était eux-mêmes…

Les problèmes liés au refus de  succession sont de plusieurs ordres, et en fonction de chaque cas, les conséquences peuvent être de plusieurs niveaux :

1er cas : Le père choisi son successeur de son vivant, mais à sa mort, les amis, frères, épouses ou fils le changent au profits de quelqu’un d’autre.

Il est régulier de voir des personnes vivantes changer la volonté du mort pour des raisons d’intérêts divers (financier, matériel, d’honneur, de positionnement, etc.) Dans ce cas, le véritable successeur ne peut subir aucune malédiction ; « bien au contraire, ces enfants reçoivent beaucoup de bénédictions de la part des ancêtres », déclare un homme d’expérience.

Par contre, ceux qui sont à l’origine de détournements de successions, s’exposent à de graves malédictions, sur eux ou même sur leur descendance. « On a vu des familles aller de malheurs en malheurs, de malchance en malchance (stérilité d’un enfant, maladie mystérieuse, décès des enfants tous à un certain age, et parfois de mêmes causes, comme accident, courte maladies, etc). Et lorsque la famille se réuni enfin pour remettre « la chaise » à l’ayant droit, ou à un des ses fils géniteurs, tout revient à la normale».

2ème cas : Le successeur refuse de respecter la volonté de son père, pour une raison ou pour une autre.

Dans ce cas, tout dépend… Si le rejet du Ndop est fondé sur des raisons valables comme maladie, invalidité quelconque, raisons personnelles, la famille peut se réunir et de façon consensuelle, transférer la  succession à un de ses frères, de préférence de même mère, ou même à un de ses frères consanguin. Dans ce cas, il ne peut avoir aucune malédiction.

Les choses sont parfois compliquées lorsque le successeur désigné se refuse d’assurer la continuité de la lignée, et qu’aucun de ses frères ne veules prendre la place. C’est l’arrêt de la continuité familiale, la faillite de la concession. Chez les bamiléké, on dit que la concession est en extinction.

Maintenant tout va dépendre du pourquoi le successeur refuse de prendre la place. S’il a subit des menaces de sorcellerie, de jalousie, et qu’il fuit « avec sa tête », rien ne peut lui arriver de son vivant. Mais quelque soit le cas, un de ses enfants ou petit fils reviendra prendre cette place, sinon la famille pourrait avoir des malédictions.

S’il n’a subit aucune menace et refuse délibérément, on dit que les malédictions vont venir vite, pour l’obliger à prendre ses responsabilités.

Voila en général ce que dit les croyances bamiléké sur la question. Bien évidement, tout ceci n’est que spéculation, car lié au domaine de la spiritualité et des croyances. Faut-il y croire ? Faut-il ne pas y croire ? Je ne saurai donner une réponse, car étant si loin du mystère des dieux….

 

 

Publié dans www.jeunessebafou

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