HISTOIRE DU PEUPLE BAFOU

Publié le par jeff

En application du décret No 77/245 du 15 juillet 1977 portant organisation des Chefferies traditionnelles au Cameroun, l'arrêté No 01/CAB/PM du 07 Février 1981 déterminant les Chefferies traditionnelles de 1er dégré, a classé BAFOU comme Chefferie de PREMIER DEGRE, gérée traditionnellement par une personnailité qui en est le Chef ou EFO'O. Comme presque toutes les Cheffereies Bamilékés, la Chefferie BAFOU est une très vieille institution qui auparavant était habitée par de très grandes personnalités qui savaient se garder confiance afin de guider le peuple soumis. Son pouvoir est suprême et ne peut en principe faire objet de recours, car c'est un pouvoir divin et un recours à son encontre engendre de très grandes pertes aux familles qui l'ont tentées car, il est porteur des messages des personnes dont il a la charge.

BAFOU est un nom composé et de son sens nous nous trouvons devant plusieurs interprétations, D'abord BA, c'est la déformation par les blancs (de leurs interprétations) du mot "POUO" qui signifie les gens de ... puis FOU ou FOUH, ce qui traduit le verbe fouiller, chercher; ainsi, POUO-FOUH "BAFOU", serait le peuple , des gens qui cherchent, qui fouillent jusqu'à trouver le fond des choses, qui n'acceptent rien sans en comprendre le fond.

mais il y a une autre interprétation; le préfixe FOUH signifierait se développer, se multiplier comme un champignon, les BAFOU sont donc les gens qui se développent et se multiplient comme des champignons.

BAFOU est sans conteste une des plus grandes CHEFFERIES du CAMEROUN, la plus grande Chefferie de la MENOUA. Elle a pourtant fait l'objet de très peu de recherches, alors même qu'elle regorge d'universitaire de tous genres.
Nous devons saluer tout de même la publication de l'ouvrage intitulé "BAFOU, UNE GRANDE CHEFFERIE DE L'OUEST CAMEROUN" publié en 1990 par le Doyen Prof Jean Louis Dongmo (actuel recteur de l'université de Dschang ) à l'occasion de l'intronisation du Chef de 1er dégré Sa Majesté FO'O-NDONG Dr Paul KANA II à BAFOU.

BAFOU , est la plus grande Chefferie, la plus vaste et la plus peuplée de l'arrondissement de Nkong-ni. Département de la Menoua. Il a une forme très allongée, environ trois fois plus longue que large. En effet, BAFOU mesure plus de 28 Km de long sur presque 8,5 km de large, il couvre une superficie de 190 km== et connaît la plus forte densité de population de l'Ouest-Cameroun, plus de 300 habitants aux km== par endroits. Ceci a toujours posé le grave problème de l'espace vital, puisque sa population avoisine les 70 000 habitants.

BAFOU a des frontières communes avec huit villages; Bagang, Baleveng, Bamendou, Fotomena, Foto, Fongo-tongo (dans la Menoua), Fosimody et Bamoubock (dans le sud-Ouest).

Les sommets de BAFOU sont principalement au nombre de quatre; Lekouet Lelieue, Lekouet Sessa, Lekouet Pokang, Lekouet Medjio. BAFOU est abondament arrosé par de nombreux ruisseaux, notament la partie Nord, les quartiers Nziih et Tchoutsi, ce qui explique les cultures maraîchères prédominantes dans cette partie et l'existence de trois complexes, CEIPS, CTE et EPA. Mais ces cours d'eaux sont pour la plupart non dénommés. Nous pouvons cependant citer quelques noms des rivières influentes. Ce sont : Mia-mezo, Mianou, Mia-melieu, Mia-Meloung, Atioyem...

Il convient de remarquer que tous ces cours d'eaux prennent leur sources dans le Territoire BAFOU et ce dernier a un climat doux, mais plus frais dans la partie nord.

Meng LEPEH qui signifie petite chutte d'eau, est situé à 1 km environ de l'actuel Chefferie BAFOU un peu au sud dans la forêt , c'est ici que prend sa source qui arrose les quartiers Ntsingbeu et Ntsingla.

C'est dans ce lieu Meng-Lepeh que fût fondé le royaume BAFOU, Meng-Lepeh serait donc la capitale, dudit royaume est devenu aujourd'hui le siège du plus grand Dieu de BAFOU (FO'O Meng-Lepeh). C'est un lieu de pèlerinage et un centre touristique par excellence.

En empruntant beaucoup à la tradition orale , une légende voudrait que le royaume Meng-Lepeh soit fondé par un certain TALA, fils de DONGMO dont il dût si séparer en raison des mésententes graves. Bon chasseur, il quitta donc Zuenla, un quartier de BALEVENG pour venir s'installer à Meng-Lepeh , lieu particulièrement giboyeux. Très intelligent, Tala connut une vie prospère. Il s'organisa rapidement en vivant principalement de la chasse et conquit vite la confiance des gens.

Mais à son arrivée à Meng-Lapeh, il trouva d'autres seigneurs , d'autres notables. Il lui fallu donc beaucoup de ruses et de diplomatie pour s'affirmer comme le plus grand de ce lieu. Une longue dispute s'engagea. il dut discuter longtemps avec un autre grand qui l'avait précédé en ces lieux. Ce grand est DJEUDJIOMETSA qui finit par céder au profit du premier qui prit le nom de DJEUMETOTCHOU , sans porter le nom de CHEF, pour gagner cette bataille, il lui a fallu former le conseil de neuf notables et qui avaient pour noms, en dehors de lui-meme...(le futur chef):

- DJEUDJIOMETSA (Ntsingfou-nkinkap)

- SAAGUESSIELE (Mbeng Ntsingbeng)

- KEMEGHO (Mbeng I)

- KEMENA (Ntsingfou I)

- KEMJIOTONG (Nzinkop)

- SOBKENTSA (Latsuet-djio)

- KENDONDJIO (Latsuet-djio)

- DJEUTIO (Latsuet-léfé)

- DJEUDONG (Ntsingfou)

- MOZO'O (Ntsingfou-mendjou)

Publié dans www.jeunessebafou

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